Moi c'est Philippe

 

Moi c’est philippe, j’ai 50 ans, je suis le petit dernier de la famille avec mes deux sœurs, Véronique et Elisabeth. Avec ma grande sœur Véronique de 5 ans mon ainé, nous avons repris il y a 20 ans l’entreprise familiale que nos parents Georgette et David (dit dédé) ont créée en 1972. Et oui, le nom de la marque est venu de là ! à cette époque, j’avais deux ans, pas d’internet, pas d’ordinateurs, pas de smart phones, tout passait par le téléphone à cadran, en patte d’eph , la cigarette aux lèvres dans les ateliers. Les collections n’étaient pas assistées par ordinateur, un patronage c’était du carton, un dessin c’était avec du papier et un crayon et les recherches et inspirations ne se faisaient pas devant un écran.

 

Mes parents nous ont communiqué le gout des belles choses : les objets, la peinture, l’architecture à travers lesexpos et les salles des ventes (j’adore me promener à l’hôtel Drouot).  Dans la peinture j’aime les nus et les peintres qui savent subtilement décrire les femmes dans leur intimité. Un Razoumov pour son génie du détail, un Enjolras pour sa lumièreunique qu’il arrive à créer sont mes préférés.  Je ne m’étais pas imaginé dans le milieu de la mode, je préférais la déco, les objets, les meubles, les bijoux. J’ai commencé par créer des objets de décoration en verre de Murano, très colorés, très baroques avec un célèbre verrier de la lagune de venise. J’ai eu la chance ensuite à tout juste 20 ans de créer des collections de bijoux pour Christian Lacroix à sa grande époque pour ses défilés Haute couture pendant plusieurs saisons. Je me rapprochais sans m’en rendre compte de la mode, du vêtement et des matières souples.

 

Après un cursus dans une grande école de commerce (passage obligé pour me parents), j’ai voulu faire plaisir à Georgette en rejoignant ses ateliers en attendant de me lancer. 25 ans plus tard, je suis encore là, force est de constater qu’elle a eu les bons arguments avec moi. Elle a su me transmettre sa passion de la mode, des belles étoffes, les vêtements sont venus s’ajouter à ma passion pour les objets et la peinture.Aujourd’hui à mon tour je consacre du temps à des étudiants en école de mode en participant à leur jury de fin d’étude et en intervenant parfois au sein de leur cursus. Je n’hésite pas non plus à embaucher régulièrement des étudiants en alternances et en CDI, j’aime rendre ce qu’on m’a donné.

 

Georgette, la styliste première de la marque a toujours voulu que toutes les femmes puissent s’habiller chez Georgedé. Fabriquer du 38 c’est bien mais pas question si on ne va pas jusqu’au 56. C’est pourquoi les matières sont souvent stretch avec des jerseys, des dentelles, des mailles. Si on utilise de la mousseline, on la coupe en biais pour l’aisance et l’enfiler facilement. « On doit se sentir bien tout de suite » me répète-t-elle encore aujourd’hui.